À quelques jours du départ du Tour de France, Happy Radio a reçu Pierre Sicaud. Ancien maire de Castillonnès, speaker pour la Fédération française de cyclisme, animateur de courses pendant plus de trente ans et collaborateur de Vélo Magazine, il a consacré une grande partie de sa vie au vélo et à la Grande Boucle.
Une passion née dès l’enfance
Chez Pierre Sicaud, le vélo est une histoire de famille.
« J’avais un père qui aimait le vélo. Je le suivais sur les courses régionales et très vite, le virus m’a pris », raconte-t-il.
Comme beaucoup de Français de sa génération, il grandit devant les exploits de Jacques Anquetil, Raymond Poulidor ou encore Eddy Merckx. À l’époque, les étapes du Tour de France ne sont pas toutes retransmises à la télévision, mais la magie opère déjà.
« Le Tour de France, c’est un spectacle gratuit, populaire, qui rentre dans toutes les maisons », résume-t-il.
Du hasard au micro des plus grandes courses
Son aventure dans le commentaire sportif débute presque par accident.
En 1978, l’animateur d’une course régionale est absent au dernier moment. Les organisateurs lui proposent de prendre le micro.
« On n’avait pas trop le choix. J’ai essayé… et j’ai beaucoup aimé », se souvient-il.
De fil en aiguille, les demandes se multiplient. Il anime de nombreuses courses, puis rejoint les équipes de Vélo Magazine et se retrouve au cœur des plus grands rendez-vous cyclistes : étapes du Tour de France, championnats de France, manches de Coupe du monde et même championnats du monde sur piste.
Des rencontres avec les plus grandes légendes
Cette carrière lui permet de côtoyer ceux qu’il admirait lorsqu’il était enfant.
Eddy Merckx, Bernard Hinault, Bernard Thévenet ou encore Jeannie Longo… autant de champions qui l’ont marqué par leur simplicité.
« Ce sont des gens d’une infinie gentillesse, très abordables », souligne-t-il.
Au-delà des courses, Pierre Sicaud garde également le souvenir des moments de convivialité entre passionnés, des anecdotes échangées le soir des étapes et de cette grande famille qu’est le cyclisme.
Théodore Joyeux, le précurseur oublié du Tour de France
Impossible pour Pierre Sicaud d’évoquer le Tour sans parler de Théodore Joyeux, une figure méconnue du cyclisme français à laquelle il est particulièrement attaché.
Originaire de Castillonnès, ce coureur réalise en 1895 un exploit extraordinaire : faire le tour de France à vélo, soit près de 5 500 kilomètres parcourus en seulement 19 jours.
À l’époque, les routes sont difficiles, les vélos sont lourds et l’assistance quasiment inexistante.
Pour Pierre Sicaud, il ne fait aucun doute que cette aventure a inspiré Henri Desgrange, créateur du Tour de France en 1903.
« Il est prouvé que c’est sur une idée de Théodore Joyeux qu’Henri Desgrange va créer le Tour de France », affirme-t-il.
Longtemps tombée dans l’oubli, cette histoire a été remise en lumière à l’occasion du centenaire du Tour de France, en 2003. Aujourd’hui, une place de Castillonnès porte le nom de Théodore Joyeux.
Un regard passionné sur le Tour de France d’aujourd’hui
Même s’il a beaucoup évolué, le Tour de France continue de faire rêver Pierre Sicaud.
Il apprécie notamment que l’épreuve ait conservé son caractère populaire.
« C’est toujours la grande fête. Tout le monde est là », sourit-il.
À quelques jours du grand départ, il s’attend à une édition particulièrement ouverte, avec de jeunes coureurs français prometteurs et une concurrence internationale de plus en plus forte.
Une chose est certaine : Pierre Sicaud sera devant sa télévision, et sans doute aussi au bord des routes, pour vivre une nouvelle fois cette aventure qu’il qualifie simplement de « féerique ».
Louis-Rafaël Moreau




