
Municipale 2026 en Dordogne, place à l’entretien du jour. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Happy Radio. Dans le cadre de nos interviews municipales 2026, on reçoit aujourd’hui Luis Ferreira, candidat à Sarlat.
L’idée est simple, la même grille pour tous les candidats, thème par thème, avec du concret, ce qui marche, ce qui ne marche pas et ce que vous changez dès la première année. On vous dit bonjour. Bonjour Luis Ferreira.
Bonjour. Merci beaucoup d’être avec nous. Merci à vous de votre invitation.
Première question, premier thème, on va parler de Sarlat à l’année, donc économie, commerce, centre-ville. Sarlat, c’est très vivant en haute saison et beaucoup plus calme en hiver. Votre objectif pour une vie plus à l’année, c’est quoi ? Il y a trois défis à relever pour rendre la ville attractive, ou plutôt rendre la ville aux Sarladais, que la ville puisse se sentir vivante toute l’année.
La première chose, c’est les logements. Aujourd’hui, nous avons un problème, il y a une grosse pression par rapport aux logements touristiques. Donc nous, la première mesure de notre mandature, car la loi aujourd’hui le permet, c’est de réguler et de contrôler les locations saisonnières.
Mais on n’est pas dans le tout répressif et c’est pour ça que dans quatre semaines, on va aussi proposer aux États généraux des logements pour proposer aux propriétaires des gîtes ou des maisons secondaires de louer à l’année. C’est-à-dire que nous devons convaincre tous ces propriétaires qui ont des gîtes aujourd’hui, qui les louent à l’année parce que Sarlat a besoin des habitants pour redynamiser la ville. Nous avons besoin de gagner d’habitants et Sarlat perd chaque année 10, 20, 30 habitants.
J’en profite donc pour changer de thème, même si on reviendra sur Sarlat à l’année. On va parler du logement. Effectivement, dans vos engagements, vous proposez une caution solidaire municipale pour aider les jeunes à se loger et rassurer évidemment les propriétaires.
Très concrètement, comment ça fonctionnerait ? Qui a le droit et comment éviter les effets d’aubaine, les gens qui viennent par intérêt ? Effectivement, il y a des personnes parfois dans les portes à porte, dans nos dialogues quotidiens avec les Sarladais qui nous disent. Ah non, mais moi, j’ai peur de mettre ma maison à louer à l’année parce que peut-être les locataires ne vont pas me payer. Et justement, à niveau institutionnel, l’État met en place ses services de location solidaire, c’est-à -dire que c’est l’État dans ses cadres, la municipalité qui se porte garant, garant du locataire.
Et surtout, beaucoup de jeunes aujourd’hui ne peuvent pas se loger justement parce qu’ils n’ont pas les fonds pour les garanties. Donc c’est la municipalité qui sert des garanties et en cas de défaillance, c’est la municipalité et la collectivité qui payent. Mais il y a des fonds nationaux qui permettent de mettre en place ce système.
C’est un système assez méconnu et qui n’est pas trop cher pour la ville et qui rend vraiment service aux jeunes pour qu’ils puissent trouver un logement et un emploi à Sarlat. Ce serait à destination des jeunes, mais c’est quoi les jeunes pour vous? C’est quelle tranche? Ce n’est pas moi. Moi, j’ai 47 ans, mais aujourd’hui, quand je dis jeune, je dis que voilà.
Aujourd’hui, il y a beaucoup de jeunes qui, à partir des 18 ans déjà, qui sont dans la vie active. Donc moi, je trouve qu’à partir des 18 ans, même un étudiant qui va faire un BTS au lycée de Sarlat et qui ne peut pas peut être être à l’internat a des difficultés à trouver un logement. Et la caution solidaire va leur permettre d’avoir les fonds nécessaires et la garantie de trouver un logement et au propriétaire, au locataire, je veux dire, d’être assuré.
J’aimerais qu’on reparle de l’économie d’hiver. Concrètement, pour soutenir les commerces et l’activité hors saison, vous faites quoi sur le centre-ville? J’imagine qu’il y a des activités, des animations, des activités qui ne sont pas faites actuellement. Comment vous mesurez si ça marche tout ça? Aujourd’hui, on est en hiver.
La ville est morte. Soyons réalistes. Il n’y a personne.
Il n’y a pas grand monde dans la ville de Sarlat. Donc nous devons faire le nécessaire pour faire revenir les Sarladais au centre-ville hors période touristique. Pour cela, la première mesure, ça passe pour harmoniser, harmoniser les tarifs des parkings.
C’est quelque chose qui pose beaucoup de problèmes aux Sarladais. Mais aussi d’élargir les périodes de gratuité. La municipalité actuelle n’a fait que réduire les périodes de gratuité des parkings.
Donc nous, nous allons revenir aux périodes de gratuité précédentes, que c’était plus de six mois à l’année, par exemple. Ça, c’est des choses concrètes qui permettent. Une autre chose concrète, je vois que vous voulez que j’arrête, mais quelque chose de concret aussi, c’est avec l’association des commerçants et avec les restaurateurs et les propriétaires des salons d’été.
Nous devons faire une grosse campagne de communication pour dire aux Sarladais, arrêtez d’aller dans les zones extérieures de la ville, les zones commerciales, et venez au centre-ville. Donc il y a quelque chose à faire dans ce sens-là. Et je pense que les Sarladais seront réceptifs parce que les Sarladais aiment leur ville.
Mais nous devons leur proposer des choses pour qu’ils viennent se promener, se divertir dans la ville. J’aimerais qu’on parle à présent du tourisme, le tourisme meublé, donc l’équilibre habitant-visiteur. Vous voulez réguler et contrôler les meublés touristiques pour libérer des logements à l’année.
Concrètement, vous mettez quoi sur la table ? Enregistrement, contrôle, plafond, sanctions peut-être ? Aujourd’hui, il y a une nouvelle loi qui adoucit les conditions. Donc aujourd’hui, nous allons demander à toute personne qui veut avoir une location saisonnière de s’inscrire à la mairie pour avoir un contrôle. Et ça, c’est aujourd’hui, la municipalité ne le fait pas.
Mais ce n’est pas parce qu’on veut simplement contrôler, mais c’est aussi pour que les gens soient dans la légalité. Ça, c’est la chose. Parce qu’il y a des amendes.
Si vous louez trop, par exemple, votre maison principale, vous n’avez pas trop le droit. Aujourd’hui, c’est 90 jours. Avant, c’était 150 jours.
Vous voyez ? Donc ça, ça change. Et par rapport aux logements, ça, c’est la première chose que c’est assez important de faire. Un autre problème à Sarlat, il y a énormément de maisons secondaires.
Il y a presque 18% de maisons secondaires. En 15 ans, ça a doublé. Donc aujourd’hui, la ville de Sarlat n’est pas une ville tendue.
Et vous préférez donc plus de résidences principales ? Il faut jouer des choses. À la fois, il faut inciter les propriétaires à louer à l’année avec des garanties, avec les convaincre parce que ça va de notre dynamisme. Il faut créer davantage de logements sociaux, de logements intermédiaires.
Il faut aussi aider à la rénovation des bâtiments existants, aux bâtiments vacants. Vous voyez ? Il y a plusieurs choses sur lesquelles il faut jouer pour avoir plus de logements à Sarlat. Un exemple concret.
Il existe, la municipalité a le droit de pouvoir exonérer la taxe foncière pendant trois ans pour tous les propriétaires qui font des travaux, qui achètent une maison et qui font des travaux de rénovation énergétique. La mairie de Sarlat ne l’a jamais voté. Donc dès notre arrivée au pouvoir, nous allons faire cette délibération pour permettre.
C’est un geste. Ce n’est pas anodin. La ville de Sarlat, à une des taxes foncières les plus chères de la Dordogne.
Ce n’est pas un geste anodin. Vous voulez investir à Sarlat, vous voulez rénover, la mairie va voter cette délibération qui va vous permettre de vous exonérer de la taxe foncière. Et surtout, la logique de ça, c’est que les gens soient incités avec ça aussi à louer à l’année.
J’aimerais qu’on parle du thème 4, la santé, l’accès aux soins. Il y a quand même beaucoup d’argent qui a été engagé sur les urgences de Sarlat. Qu’est-ce que vous en pensez de ça et est-ce que vous allez suivre cette lignée ? Oui, la santé c’est une compétence nationale, mais le maire de Sarlat a un rôle déterminant à jouer par rapport à la santé parce que c’est lui le président du comité de surveillance de l’hôpital.
Donc, bien sûr, il faut rénover l’hôpital de Sarlat, mais en même temps, parce qu’il est vieillissant, mais en même temps, il faut, et c’est pour ça que toutes ces mesures qu’on veut mettre en place, nous devons rendre la ville attractive pour attirer de nouveaux médecins qui viennent s’installer à Sarlat. Il y a un manque d’attractivité de l’hôpital de Sarlat. Cette rénovation actuelle va permettre de les rendre plus attractifs, mais en même temps, c’est la ville qu’il faut rendre aussi attractif.
Mais autre chose, les problèmes aussi de la santé, c’est un problème national. Il faut arrêter de croire qu’on doit gérer la santé comme une entreprise privée. Il manque de moyens.
L’État ne met pas assez de moyens pour la santé et c’est un problème terrible. Vous voyez, il n’y a plus de naissances à l’hôpital, à la maternité de Sarlat. Donc nous, nous allons nous battre pour ouvrir la maternité de Sarlat, parce que ça fait vraiment partie de l’attractivité.
Les familles, les nouveaux médecins vont vouloir venir s’installer à Sarlat, mais il n’y a pas de maternité. Vous voyez, donc il faut se battre. Je pense que la municipalité actuelle n’a pas été assez combative par rapport à la maternité.
On a laissé faire à l’État. Heureusement qu’il y a une association de défense de l’hôpital dans laquelle je milite depuis longtemps et on s’est toujours battu. Et si moi, en tant que maire, je dois me mettre en grève de la faim pour exiger la réouverture de la maternité et créer un mouvement citoyen de tous les Sarlat pour exiger, je le ferai et nous le ferons avec mon équipe.
Vous parlez d’un manque de médecins de ville. Qu’est-ce que vous pouvez faire pour contrer ça ? Est-ce qu’il y a des moyens que la mairie peut engager ? Oui, la mairie peut justement jouer par rapport à la offre des logements dédiés à l’installation des médecins. La mairie peut aussi jouer par rapport aux bourses, donner des bourses aux étudiants en médecine.
La ville peut financer un étudiant, mais cet étudiant doit s’engager à revenir à Sarlat pour exercer par un certain temps concret. Autre chose, à Sarlat, il existe un centre de santé. C’est une association qui a créé ça.
Et donc nous, en tant que municipalité, on va continuer à aider et à soutenir financièrement cette association. D’autant plus que cette association a permis l’arrivée de deux nouveaux médecins à Sarlat. C’est énorme.
Aujourd’hui, grâce au centre de santé de Sarlat, il y a 1500 Sarladais qui ont un médecin traitant. Donc, il faut continuer avec cette dynamique, c’est-à-dire exiger une santé publique performante où on met les moyens et en même temps soutenir toutes ces actions associatives et citoyennes qui font tout le nécessaire pour rendre les territoires attractifs et faire venir de nouveaux médecins dans la ville. Vous pouvez compter sur nous sur ce domaine-là.
Très bien. Sans transition, j’aimerais passer au dernier thème, donc le cadre de vie, donc la sécurité et les déchets. Pour vous, votre diagnostic sur la sécurité à Sarlat, c’est quoi ? Est-ce que vous trouvez qu’il y a trop de tapage, trop d’incivilité ? Peut-être le stupéfiant ? Puis quelles mesures concrètes vous mettez en place ? Avec quels moyens, évidemment ? Oui, il y a des trafics de drogue à Sarlat dans toutes les villes.
Il ne faut pas se voiler la face. Aujourd’hui, nous avons reçu les chiffres départementaux par rapport à ça. La gendarmerie joue davantage ce rôle-là.
Il y a eu plus d’interpellations. Mais on ne peut pas jouer que sur tout le tout répressif. Il faut aussi de la prévention.
Aujourd’hui, il y a des structures de prévention que nous devons soutenir davantage pour faire ce travail de prévention par rapport aux addictions, mais surtout suivre et accompagner toutes ces personnes qui ont des problèmes d’addiction pour les faire sortir de ça. Ça, c’est un premier volet super important. Vous voyez, ce n’est pas que la répression, c’est aussi l’accompagnement des consommateurs pour les faire sortir de la spirale de la drogue.
Il y a un dispositif et il faut soutenir les associations de prévention qui existent à Sarlat. À Sarlat, les problèmes de sécurité, oui, il y a un sentiment de sécurité. Mais aujourd’hui, les principales violences à Sarlat sont des violences intrafamiliales.
Donc à l’intérieur de la famille. Qu’est-ce que vous pouvez faire pour changer ça ? Comme c’est juste à l’intérieur de la famille, c’est compliqué. Ça passe par l’éducation aussi, l’éducation à la non-violence.
Souvent, ce sont les femmes qui sont victimes. Donc il y a tout un travail de pédagogie à faire par rapport aux violences surtout faites aux femmes. C’est un travail d’éducation énorme qui commence dès l’école.
La mairie a cette compétence d’éducation. Donc ce travail d’égalité garçon-fille, c’est super important de le mettre en place dès le plus jeune âge. Autre chose que nous voulons instaurer, c’est qu’il y a une police municipale.
Nous n’ allons pas augmenter les effectifs de la police municipale. Nous n’avons pas un discours tout sécuritaire pour dire qu’il faut plus de policiers, qu’on peut l’avoir les rassemblements nationaux ou les autres candidats de droite. Mais peut-être, oui, il y a quelque chose à faire par rapport aux horaires, les amplitudes horaires de la police municipale.
Il y a quelque chose à jouer, surtout en période estivale. Mais pas changer le nombre de policiers. Par contre, oui, nous voulons créer une maison de la tranquillité pour travailler plus en synergie, en lien avec la gendarmerie et la police municipale.
Mais nous ne sommes pas dans la surenchère sécuritaire. Il y a un sentiment de sécurité. Il y a peut-être quelque chose à jouer par rapport à l’amplitude horaire de la police municipale.
Nous travaillerons en commun accord avec nos services et surtout avec les personnes concernées. J’aimerais qu’on finisse par parler des déchets de la SMD3. C’est un sujet qui crispe en Dordogne.
Quelle est votre position ? Est-ce que vous avez envie de changer des choses pour que ce soit plus simple, plus propre ? Ou au contraire, vous trouvez que tout va bien ? Ça fait six ans que je me bats contre la mise en place de la résidence incitative, que je me bats aussi contre, surtout à Sarlat, les déploiements de points d’apport volontaires. Vous avez en face de vous quelqu’un de convaincu. Avec notre équipe, nous allons demander un moratoire par rapport à la mise en place de la résidence incitative.
Surtout parce que cette résidence est injuste socialement. Aujourd’hui, elle ne tient pas compte de la composition du foyer. Il n’y a pas de tarification sociale.
Tant que nous ne trouvons pas les moyens légaux pour mettre en place une tarification sociale, il faut faire un moratoire sur la résidence incitative. Ça, c’est la première chose. L’autre chose, les points d’apport volontaire aujourd’hui ne sont pas adaptés ni au tourisme, ni aux personnes âgées de Sarlat.
Sarlat, c’est une ville où 40% de la population, ce sont des personnes qui ont plus de 60 ans. Aujourd’hui, il y a des citoyens Sarladais qui doivent faire plus d’un kilomètre pour amener leurs poubelles. Ce n’est pas possible.
Donc il faut déployer davantage les points d’apport volontaire pour réduire les distances entre le domicile et les points d’apport volontaire. Mais il n’y en a pas que ça. Il y a aussi toutes ces personnes qui sont malades, toutes ces personnes qui sont fragiles, en situation de handicap, qui ne peuvent pas se déplacer.
Donc pour toutes ces personnes-là, nous allons mettre en place un service, un petit peu comme ça fonctionne pour les encombrants, un service de ramassage d’ordures ménagères à la carte. Voilà, c’est-à-dire de manière hebdomadaire, surtout pour éviter que toutes ces personnes fragiles prennent des risques sur la route pour aller déposer leurs poubelles. Comment vous faites ça ? Parce que le SMT3, c’est un organisme à part.
Donc vous en sortez, vous rentrez dedans. Comment gérez-vous gérez ça ? Non, bon, là, pour l’instant, la municipalité pourrait reprendre la compétence d’ordures ménagères. Mais bon, ce sont des coûts.
Mais aujourd’hui, quand je parle de ce ramassage d’ordures ménagères à la carte, c’est la municipalité qui les mettrait en place avec ces services. Aujourd’hui, la municipalité de Sarlat met en place un système de ramassage de cartons pour les commerçants du centre-ville. Vous voyez ? Donc, nous pouvons le faire pour les commerçants du centre-ville.
Nous allons le faire le lendemain de notre élection pour les personnes fragiles, malades, en situation de handicap. Merci d’être venu répondre à cette grille, thème par thème. On rappelle que les interviews municipales continuent sur Happy radio, pour que chacun puisse faire son idée, simplement, et sur le concret.
Merci beaucoup, Luis Ferreira, d’être venu répondre aux questions. Merci à vous. C’est la deuxième fois que je fais un entretien sur Sarlat Radio.
C’était un plaisir. Merci encore. Merci à vous.
Merci à tous. Au revoir.






