Les Municipales – Guillaume Forquet de Dorne

Sarlat
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Les Municipales - Guillaume Forquet de Dorne
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Happy Radio. Dans le cadre de nos interviews municipales 2026, on reçoit aujourd’hui Guillaume Forquet de Dorne, candidat à Sarlat.

L’idée est simple, la même grille pour tous les candidats, thème par thème, avec du concret, ce qui marche, ce qui ne marche pas, et ce que vous changez dans les premières années. Bonjour Guillaume. Bonjour, merci de me recevoir.

On va commencer par le premier thème, c’est Sarlat à l’année. Sarlat, on le sait, peut-être très carte postale l’été, est beaucoup plus calme l’hiver. Votre objectif, c’est de faire vivre Sarlat à l’année.

Quelles sont vos 2-3 actions les plus rapides pour amener l’activité hors saison ? Pour moi, l’action principale, c’est soutenir et développer l’attractivité industrielle et économique sur les entreprises notamment. Nous avons connu à Sarlat quelques fermetures assez symboliques, industrielles. Nous avons connu la fermeture de France Tabac, avec plusieurs centaines d’emplois en 2019 et ça avait déjà commencé à se détériorer.

Nous avons connu la fermeture de l’industrielle Rougier aussi il y a 2 ans. Donc le but pour moi est déjà de sauvegarder le site industriel de Rougier et puis créer un écosystème favorable pour le développement des industries et des entreprises déjà présentes, et puis pour l’attractivité d’entreprises extérieures. Sur l’économie, vous parlez de diversifier et de faire venir des entreprises.

Vous ciblez quel secteur et surtout où vous les installez ? Avec quelles conditions pour que ça tienne dans le temps ? Il y a plusieurs thèmes là-dedans. Le premier, c’est que déjà nous avons un site industriel de Rougier dont l’issue va être ce que l’on va en faire, ce que la mairie va en faire et la communauté de communes va être très importante. Soit certains autres candidats aimeraient en faire des logements ou alors un centre d’activité culturelle.

Je pense, moi au contraire, que vu que nous avons déjà un site disponible, il est très important de retrouver un repreneur et il est très important de soutenir le fait que ça reste industriel. Donc du foncier, nous en avons déjà de disponible grâce à ce site et nous avons un site commercial aussi et économique qui peut être développé. Concernant l’attractivité du territoire, nous avons aujourd’hui surtout une fiscalité très importante à Sarlat.

Nous avons la fiscalité foncière la plus importante et pour les entreprises et pour les personnes privées. Je souhaite, moi, bénéficier du… enfin mettre en valeur le fait que Sarlat soit en ZRR. C’est-à-dire qu’aujourd’hui c’est ZFRR, c’est la zone de revitalisation rurale.

C’est un dispositif national qui permet justement à la commune et à l’intercommunalité de jouer sur la fiscalité sectorielle pour pouvoir permettre d’accompagner et d’inciter l’installation et le développement d’entreprises et d’industries. Et je compte vraiment jouer dessus. Sans transition, on passe au thème logement et tourisme.

Deuxième gros nerf à Sarlat, se loger à l’année. Vous dites vouloir favoriser l’accès au logement permanent sans interdire les locations saisonnières. Concrètement, vous faites quoi ? Avec quels outils surtout ? Sarlat a perdu plus de 1000 habitants en 10 ans.

Nous sommes dans une dynamique qui, à moyen long terme, si nous restons là-dessus, fera de Sarlat une ville musée l’hiver et avec uniquement des logements soit touristiques, soit saisonniers. Le tourisme est une vraie chance pour Sarlat, un vrai facteur économique. Mais si nous continuons à miser que dessus, le logement ne sera même plus un problème puisqu’il n’y aura plus personne à loger à l’année à terme.

Donc pour moi, il y a deux choses d’abord. Je considère que justement, si l’axe fondamental de mon programme, c’est retrouver une attractivité économique à l’année, c’est parce que c’est ce qui permettra d’avoir déjà des locataires à l’année. Et nous sommes déjà avec une fiscalité foncière, comme je le disais, qui est la plus importante du département et l’une des plus importantes de France.

Ce qui déjà n’incite pas à s’installer dans Sarlat même. Généralement, les gens qui travaillent à Sarlat se mettent autour de la ville. Mais il faut accompagner pour moi les propriétaires qui sont… Ça, c’est sur tout le territoire national.

Assez désœuvrés parce que la législation pour la location à l’année ne les protège pas des impayés, ne les protège pas des dégradations. Donc il est plus confortable régulièrement, par l’exemple d’ Airbnb, mais en tout cas en location de meublé de tourisme. Parce que certes, les recettes sont incertaines, même si à Sarlat, c’est quand même très attractif.

Mais au moins, ils en font ce qu’ils veulent. Donc le but, c’est déjà de les rassurer et de les accompagner. Donc pour ça, pour moi, il y a deux mesures.

La première mesure, c’est vue avec les entreprises d’ailleurs. Les entreprises sont assez volontaires là-dessus à Sarlat. C’est avoir un bail à l’année, enfin un bail longue durée qui soit garanti par l’entreprise.

À partir du moment où l’entreprise embauche quelqu’un, elle peut faire un contrat prix par titre avec le propriétaire et le locataire pour garantir son loyer. Donc déjà, ça, ça rassure les propriétaires. La deuxième chose, c’est qu’il existe déjà d’autres communes qui le font en France très touristique.

C’est une prime à la transition pour la location longue durée. Cette prime, ça permet de compenser pour le propriétaire une partie du manque à gagner du fait de passer d’une location de meubles et de tourisme à une location long terme. Et lorsqu’il voit que ça se passe bien, normalement, il y reste.

Donc le but final, c’est de mieux encadrer, remettre des biens sur le marché classique ou juste de mesurer. Comment vous évitez que ça devienne juste un grand tableau Excel sans effet ? Déjà, pour moi, il y a un état des lieux à faire très important parce qu’il y a un gros débat sur les meublés de tourisme, particulièrement dans l’hypercentre, dans le centre médiéval de Sarlat. Il faut déjà savoir à quel point on en est de ces meublés de tourisme.

Quels sont les secteurs de Sarlat les plus touchés ? Et savoir si par rapport à la demande, il y a réellement une problématique. On sait qu’il y a une problématique d’accès au logement, surtout à cause du prix des loyers. Mais savoir où ça en est et quelle réglementation il faut faire.

Parce qu’interdire purement et simplement de faire de la location de meublés de tourisme sans accompagnement, sans travail de fond, cela fera juste fuir les investisseurs et on se retrouvera avec des logements vacants. Parlons maintenant de la tranquillité et de la sécurité des Sarladais. Vous mettez la sécurité dans vos priorités, notamment en haute saison.

Votre diagnostic à Sarlat, c’est quoi ? Incivilité, tapage, dégradation, stup ? Autre chose ? Qu’est-ce qui manque aujourd’hui ? Des présences, des horaires ? Alors aujourd’hui, déjà en termes d’effectifs de police municipale, Sarlat est largement en dessous de la moyenne nationale. Normalement, c’est un policier par tranche de 1000 habitants. Il y a quasiment 9000 habitants à Sarlat et nous sommes à 4 policiers plus un ou deux ASVP et certains qui se rajoutent en pleine saison.

Donc nous sommes en sous-effectifs, ce qui fait que les horaires forcément pour la police d’ouverture sont assez basses, puisque à partir de 17 heures hors saison, le commissariat est fermé. Compliqué aussi de faire intervenir le week-end. Donc pour moi, déjà, c’est revenir dans la moyenne nationale et avoir entre 8 et 9 policiers à l’année.

Alors sur les incivilités ou sur la problématique de la sécurité, il n’y a pas à Sarlat la délinquance que l’on peut trouver dans d’autres endroits. Et heureusement, c’est à sauvegarder. Il y a en revanche une problématique que tous les Sarladais connaissent, c’est le développement du trafic de drogue.

Alors que c’est pas jeune, ça fait déjà il y a 40 ans, Sarlat avait une problématique de plaque tournante du trafic de drogue dans le territoire. Donc c’est une fois que la drogue touche un territoire, on ne peut pas se contenter de dire que ça passe en haute saison et que ça part après. Ce n’est pas le cas déjà, parce qu’une fois que la drogue touche un territoire, elle l’habite et elle le nécrose.

Donc c’est un travail important pour moi à faire de proximité avec cette police municipale et de coordination avec la gendarmerie nationale, qui est déjà au niveau départemental en sous-effectif. Sur les moyens, vous l’avez dit, vous proposez une police municipale plus étoffée, plus présente le soir et les week-ends. Vous financez ça comment et vous la déployez où ? Surtout centre historique, parking, quartier ou périphérie ? Pour moi, il y a déjà les dépenses de fonctionnement de la mairie.

Il faut savoir qu’à Sarlat, nous avons la fiscalité, donc je disais foncière, la plus importante du département. Mais nous avons, nous sommes aussi dans la moyenne très haute des dépenses de fonctionnement pour une ville de notre taille. Je pense que nous sortons d’une mairie assez immuable depuis 36 ans.

Donc il y a forcément des mauvaises habitudes qui ont été prises sur les dépenses, des comptes qui n’ont pas été renouvelés ou en tout cas pas renégociés. Donc pour moi, il y a déjà un premier audit très important à faire au niveau des dépenses de la mairie pour savoir quelles sont les économies à faire. Et je pense qu’il y en a beaucoup.

Ensuite, cette police municipale, il s’agit juste de rentrer pour le coup dans la moyenne nationale. On ne peut pas, pour moi, être dans une moyenne nationale très, très haute. C’est-à-dire au-delà de la moyenne nationale sur la fiscalité, sur les dépenses publiques, dans une moyenne très, très haute.

Et par contre, sur la sécurité, être largement en dessous de ce qu’il faudrait pour la taille de la ville. Faudrait rééquilibrer pour vous ? Exactement. Et en plus, il y a un besoin.

La lutte contre le trafic de drogue, c’est une lutte qui n’est pas uniquement la journée dans les horaires d’ouverture. Et notre police, pour l’instant, est incapable de ne peut pas, avec ses effectifs, étendre les horaires d’intervention. Et justement, cette proximité ne doit pas se faire uniquement dans l’hypercentre, parce que dans la périphérie, j’ai fait des portes à porte dans à peu près tous les territoires autour du centre-ville de Sarlat.

Et aujourd’hui, ils sont très touchés aussi par la présence de trafiquants. J’aimerais qu’on parle toujours de nos Sarladais, avec la santé et l’accès aux soins. À Sarlat, l’accès aux soins, c’est un sujet majeur.

On sait qu’il y a un projet lourd autour des urgences de l’hôpital. Vous, en tant que maire, vous en faites quoi concrètement ? Puisque l’hôpital n’est pas municipal. Créer des logements pour les soignants, l’attractivité, le transport.

Comment vous gérez ça ? En effet, l’accès aux soins est un sujet majeur. Nous avons des urgences qui sont régulièrement fermées par manque de praticiens. Nous avons aussi une maternité qui risque à terme, si ça continue comme ça, de fermer.

Aujourd’hui, le maire a des moyens limités, mais il a quand même des leviers. Pour moi, le premier levier, c’est déjà, ça reste l’axe fort de mon programme. À partir du moment où nous avons une bonne attractivité économique, que nous avons des démographies qui s’installent à l’année, ça crée une population supplémentaire qui justifie le maintien de services.

C’est la population qui fait le service. On ne peut pas avoir moins de population à terme, à l’année, et demander de garder des services importants. Donc pour moi, déjà, c’est un levier très important.

La seconde chose, c’est que la mairie a par contre une compétence d’accompagnement, notamment d’accompagnement sur l’installation des soignants. Et moi, je crois beaucoup au système d’installation clé en main. C’est-à-dire que si le maire ne peut pas recruter lui-même les praticiens de l’hôpital ou même les libéraux, il peut en revanche accompagner leur installation en trouvant un logement, en aidant justement à s’insérer la compagne ou le compagnon du praticien à trouver un emploi, en trouvant une place en crèche ou à l’école pour les enfants, et en faisant l’accompagnement de l’installation administrative.

Parce qu’aujourd’hui, les libéraux, vous le diront, les praticiens libéraux ou même les praticiens hospitaliers, vous diront que s’installer en territoire rural, ce n’est pas l’argent qui leur manque. Il y a tellement d’aides de l’État, il y a tellement de défiscalisations qu’ils ont tout l’argent qu’il faut. Ce qui leur manque en revanche, c’est un accompagnement, parce que toutes les procédures administratives, toute la recherche d’un local, d’un logement et surtout d’un emploi pour la compagne ou le compagnon et des places pour les enfants, c’est un calvaire qui est souvent dissuasif.

Et ça, ça concernerait donc les médecins de ville, et surtout, est-ce que ce serait dans la première année ? Oui, pour moi, le besoin est déjà existant, il est préexistant. Nous sommes déjà en manque de praticiens. C’est ce qui explique la fermeture occasionnelle des urgences.

C’est ce qui explique que nous manquons de spécialistes. Nous avions Neufthalmo, il y a encore quelques années, qui est parti. Donc oui, c’est pour moi la première chose à faire sur cette question de santé.

J’aimerais qu’on parle à présent du cadre de vie, et donc par ce biais-là des déchets. Vous annoncez une opposition ferme à la réforme SMD III et vous critiquez une logique jugée punitive. Qu’est-ce que vous refusez précisément ? Et qu’est-ce que vous proposez à la place qui soit à la fois juste et applicable ? C’est-à-dire que le SMD3, en effet, est particulièrement injuste.

Cette redevance punitive est mise en place, qui existe déjà dans d’autres territoires. Moi, je prends l’exemple régulièrement de Périgueux, puisque mon frère qui est infirmier libéral, justement dans le Périgourdin, le vit au quotidien. En fait, c’est le mauvais côté de tout.

C’est-à-dire qu’on n’est plus du tout sur un service public. À partir du moment où ça devient un système punitif et sur les obligations des citoyens qui doivent badger de manière régulière et sans surcharge, et pour les citoyens et pour les entreprises également. Et à côté de ça, une des prix qui ne font qu’augmenter, on n’est plus sur un service public.

Déjà, nous avons un système de badgeage. Le système de badgeage, ça va mettre en place pour nous un côté dissuasif pour les personnes âgées. On a déjà des problèmes avec les centres de ramassage des déchets pour les personnes âgées et en situation de handicap qui, elles, ont déjà du mal à aller jusqu’aux bornes.

Si, en plus, on rajoute à ça un poids limité, une régularité limitée, on va se retrouver avec des personnes qui ne pourront plus le faire. Je parlais tout à l’heure d’attractivité économique. Les principaux acteurs qui voient leur facture exploser là où le SMD3 est mis en place, ce sont les restaurateurs, ce sont les industriels, ce sont les entreprises.

Nous sommes une ville particulièrement touristique, donc avec beaucoup de restaurateurs, c’est tirer dans le pied des restaurateurs de manière dogmatique parce que le service ne va pas s’améliorer. Et dernier point, Sarlat, d’un point de vue touristique, c’est à peu près 40% des nuités de tourisme du département. Comment on va faire pour les touristes quand ils vont jeter leurs déchets ? Est-ce qu’on va mettre en place un badgeage pour les touristes ? Je ne crois pas, c’est absolument ingérable.

Donc on va se retrouver avec des déchetteries à ciel ouvert, avec des touristes qui vont jeter n’importe où, ou alors des bennes qui seront mises que pour eux. À ce moment-là, le système punitif ne concernait que les sarladais et pas les touristes. On ne peut pas mettre en place quelque chose comme ça qui soit injuste pour les entreprises et injuste pour les citoyens et qui ne prend pas en compte les difficultés, particulièrement sarladaise, de la gestion des déchets des touristes.

Vous en parlez, c’est vrai que c’est très concret pour les habitants, donc la collecte, les dépôts sauvages, la propreté, l’accessibilité pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Quel serait votre plan en trois points pour contrecarrer ça ? Et surtout, qui fait quoi ? La mairie, l’intercommunalité, le prestataire, la police municipale ? Au niveau intercommunal, nous avons déjà un syndicat. Nous avons déjà la SIGCOMM qui fonctionne depuis des décennies.

Alors il y a des questions assez lourdes sur la gestion budgétaire, sur l’évolution de ce service. Les acteurs accusent l’opacité, notamment de la gestion budgétaire de ce syndicat. Pour moi, il y a un vrai travail à faire au sein de ce syndicat, déjà d’audit sur la gestion des finances et sur l’avenir que l’on peut y donner.

Mais ce que je sais, c’est que la collecte des déchets doit rester un service public, ne doit pas être une contrainte, ne doit pas être une manière de faire augmenter les taxes et impôts pour les citoyens et les entreprises et de faire culpabiliser les gens afin de les extorquer et les contraindre. Je suis contre l’écologie punitive. Je travaille à l’Assemblée nationale, je suis le conseiller économique du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

L’un de mes principaux axes avec nos députés, c’est de s’opposer à l’écologie punitive qui va à l’encontre et de l’attractivité économique et du service public. Donc je l’offrais et je m’y opposerai totalement. Merci beaucoup, Guillaume Forquet de Dorne, d’être venu vous exprimer au micro d’Happy Radio.

Merci d’être venu répondre à cette grille thème par thème. Toutes ces questions sont là pour que l’auditeur puisse se faire un avis. Merci à vous de m’avoir invité, c’était un plaisir.

Bonne journée et je rappelle à nos auditeurs que cette rubrique est à écouter et réécouter sur happy radio.fr. Au revoir.

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