Les Municipales – Emeric Lavitola

Perigueux
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Les Municipales - Emeric Lavitola
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Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez Happy Radio au cœur de la Dordogne, au cœur des municipales 2026. Aujourd’hui, direction Périgueux, avec Emeric Lavitola, maire sortant et candidat à sa réélection.

L’idée est simple, la même grille pour tous, thème par thème, avec du concret. Bonjour Emeric. Bonjour.

On commence par un sujet très concret, justement, les déchets. Le système SMD3 fait beaucoup parler. Quelle est votre position et surtout, qu’est-ce que vous changez pour que ce soit plus simple pour les habitants ? Alors, plus simple, je crois que surtout, il faut que ce soit plus lisible, parce qu’en fait, la gestion des déchets est une question fondamentale.

Déjà, moi, ce que je tenais à dire, c’est que je suis pour le tri. Je considère qu’il faut amener les habitants à trier les sacs jaunes, le noir, différencier également les biodéchets et tout ce qui est partie vert. Mais une fois qu’on a dit ça, on est sur le grand principe.

Et là, force est de constater que ce qui a été mis en place par le SMD3 ne fonctionne pas, notamment avec un changement et de collecte et de tarification qui a été incompris en fait par les habitants. Et moi, je l’avais proposé il y a quelques mois, j’avais demandé à ce qu’il y ait un moratoire, c’est-à-dire qu’on fasse une pause, qu’on ouvre les points d’apport volontaire de manière illimitée, qu’on permette aux habitants de mettre leurs déchets dans les bonnes bornes, mais de manière non quantifiée, non limitée. Et voilà, je crois qu’il faut revoir le système, parce que nous, on le constate, chaque semaine, c’est près de 10 tonnes qui sont relevées par nos agents de dépôt dits sauvages, c’est-à-dire en dehors des points d’apport volontaire.

Et finalement, pour moi, c’est un sujet pour la ville, parce que du coup, on a une ville qui est moins propre que ce qu’elle devrait être. C’est moins attractif pour les gens qui viennent découvrir notre belle ville de Périgueux. Donc le SMD3, il faut changer de braquet.

Ce que je propose, c’est l’ouverture illimitée des points d’apport volontaire, la mise en place de bornes biodéchets aériennes à proximité des habitations. On pourrait avoir une borne tous les 100 mètres, on pourrait déposer les épluchures de légumes, la viande, les crevettes qui peuvent tant nous poser problème l’été, et faire en sorte de créer peut-être aussi de nouveaux services pour les habitants pour que cette gestion des déchets n’occupe pas finalement les esprits en permanence de nos habitants. Comment vous négociez avec le SMD3 pour en arriver là ? Écoutez, moi c’est très simple.

J’ai vu le président du SMD3, on a eu un dialogue quand même, on va dire, assez ferme de ma part sur ce sujet. Après, vous savez, il y a des élections. Qui dit élection dit nouvelle gouvernance, y compris dans ce syndicat des déchets.

Et moi je le dis, la ville de Périgueux doit prendre toute sa place dans la gouvernance, y compris peut-être prendre la présidence du SMD3. On est prêt à ce qu’il y ait un élu de la ville qui gère ce syndicat pour faire autrement. Notamment, moi je propose aussi la possibilité pour les habitants dans les arrondissements de la ville de Périgueux d’avoir des containers pour les déchets verts, parce que ça c’était quelque chose qui existait avant, vous posiez vos déchets au pas de votre porte, ils étaient ramassés.

C’est un service qui n’existe plus, donc là c’est un service que je propose mettre en place au niveau municipal pour faire en sorte que nos habitants, qui peuvent être empêchés d’aller à la déchetterie, puissent déposer leurs déchets verts quand ils font les tailles des jardins, notamment de avril à octobre. Mais je crois que ces services-là, finalement, le syndicat SMD3 pourrait aussi le proposer, puisqu’il n’y a pas qu’à Périgueux où on taille les jardins. J’aimerais qu’on change de thème avec les éclairages publics.

Ça peut rejoindre la sécurité et aussi la transition énergétique. Sur l’éclairage public, Périgueux a engagé un système de télégestion, pilotage à distance. Votre ligne là-dessus ? On continue, on accélère, on modifie.

Quels sont vos objectifs économiques par rapport à la sécurité, la nuisance lumineuse peut-être ? Déjà, on a choisi d’éteindre la nuit pour deux raisons. La question de la biodiversité est la deuxième pour faire des économies d’énergie. Et ça a marché puisqu’on a gagné un million de kWh de moins utilisés par la ville, ce qui est conséquent et ce qui nous a permis d’affronter le choc énergétique depuis la guerre en Ukraine, notamment.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’effectivement, on a mis en place dans un quartier pilote et test, le déploiement des LEDs que l’on peut rendre modulables. Donc nos agents sont parfaitement formés désormais. Ils travaillent avec des tablettes, ce qui les change de ce qu’ils faisaient auparavant.

Et ils peuvent moduler la mise en place de LED. Ça va de 0 à 100% d’intensité lumineuse. L’intention, elle est claire, c’est qu’au prochain mandat, on passe toute la ville en LED modulable.

Et ce qui nous permettra de continuer les économies d’énergie est probablement de réinterroger l’extinction nocturne. Parce que j’ai entendu certains habitants qui pouvaient se plaindre ou être inquiets d’être plongés dans le noir. Là, avec les LEDs modulables, on pourra laisser 10% d’intensité lumineuse ce qui n’est pas beaucoup, mais qui permet quand même de voir un minimum et surtout de continuer à faire des économies d’énergie.

Jusqu’à présent, on ne pouvait pas le faire en fait. Tant qu’on n’avait pas les LEDs modulables, soit on éteignait, soit on allumait. Là, dans 6 ans, avec les LEDs modulables dans toute la ville, donc le 100% LED, on pourra être finalement à la carte et en fonction des rues et des besoins plus disponibles.

Vous en avez parlé, mais beaucoup de gens ont peur justement par rapport à la sécurité, que ça ne fonctionne pas ou de ne pas être éclairé la nuit. Qu’est-ce que vous leur répondez à ces gens-là en sachant que vous voulez mettre la ville entière en LED ? Oui, alors nous, on a déjà une partie de nos arrondissements qui sont éteints la nuit et quand on a fait ce travail-là, ce n’est pas le maire dans son bureau tout seul qui a travaillé sur cette cartographie, c’était le travail du commissaire de l’époque qui d’ailleurs venait de Lyon où il y avait déjà eu des extensions nocturnes, notamment sur les berges. Donc c’est vraiment un travail avec les forces de sécurité.

Déjà, on ne peut pas faire ça n’importe comment et on a toute une partie de la ville qui est éclairée tout le temps, notamment les axes et près du cœur de ville. Là vraiment, on va être plus modulable, c’est ce que je vous disais, avec un peu d’intensité lumineuse qui peut rassurer celles et ceux qui ne le seraient pas actuellement. Mais on a l’inverse aussi, moi j’ai des habitants l’été quand la lumière se remet en marche pour une raison quelconque qui nous appellent dès le lendemain en disant « Attendez, toute la nuit il y a eu de l’éclairage chez moi, il faut rééteindre ». Donc il faut qu’on arrive à lier le tout et encore une fois, le lier aussi avec la question de la biodiversité, c’est important.

Il y a des animaux, il y a des insectes qui se reproduisent, qui vivent la nuit et on a besoin aussi de les conserver. Il y a des trames noires tout autour de Périgueux. Il faut aussi travailler finement ce sujet-là écologique qui est un sujet majeur.

Sans transition, j’aimerais parler de la mobilité, plutôt des vélos, la fédération des usagers du vélo, donc un baromètre classe Périgueux en notre D, moyenne favorable. Qu’est-ce que vous répondez à ça ? Est-ce que pour vous c’est injuste ? C’est vrai ? Est-ce qu’il y a des choses en cours qui sont encore à faire ? Alors ce que je peux vous dire déjà, c’est qu’on a progressé dans le classement. Même si on est D, on est mieux qu’avant.

Donc ça veut dire quand même qu’il y a une politique volontariste. Après, ce que je peux vous dire, c’est que Périgueux a une caractéristique spécifique, c’est des voiries étroites et des trottoirs également étroits. Donc ça complique, si vous voulez, l’installation du vélo, notamment de pistes cyclables dans notre espace urbain.

C’est une contrainte de plus. Moi, ce que je crois en termes de mobilité, c’est qu’il faut partager. Partager les espaces entre les piétons, entre les vélos, entre les automobiles et les bus.

En fait, il n’y a pas à donner une priorité aux uns par rapport aux autres. Il y a la nécessité d’aménager l’espace pour permettre le partage des voiries et des chaussées et de faire en sorte qu’on puisse déambuler à pied. Vous savez, à Périgueux, vous avez une personne sur cinq qui va travailler à pied.

Vous avez aussi de nombreux utilisateurs de vélos électriques de plus en plus qui sont mis en location par le Grand Périgueux. Donc, il faut développer ces moyens d’où, mais il ne faut pas empêcher la voiture. On ne pourra jamais le faire, parce qu’on est quand même un département rural, dont on sait très bien que les gens déambulent en voiture.

Mais il faut faire en sorte de sécuriser le plus possible les espaces. Et ce que je propose dans le cas de la campagne, c’est qu’on développe aussi des petites navettes électriques qui permettent de relier les quartiers entre eux et notamment qui permettent aussi d’aller au cœur de ville. Bref, ce que je souhaite, c’est qu’au prochain mandat, on ait aussi ce nouveau mode de mobilité qui n’existe pas encore sur Périgueux.

Vous nous parlez de navettes. Est-ce qu’il y a aussi peut-être des aménagements de voiries en mettant des rues à sens unique que vous avez prévues encore ? Alors ça, on l’a déjà fait, mais ça, c’est un travail fin. Il faut le faire avec les habitants.

Si vous mettez un sens unique sans travailler avec les habitants de la rue, vous pouvez les braquer. Et du coup, la décision est incomprise. Et j’ai eu d’ailleurs il y a quelques jours de cela encore des demandes d’habitants qui me disent qu’on aimerait passer en sens unique, ce qui de fait pour nous, rajoute de l’espace voirie, peut permettre de mettre un cheminement piéton ou vélo sur la voirie et d’apaiser les espaces.

Donc moi, j’y suis favorable. Mais ce que je mets juste comme contrainte, il faut le faire avec les habitants en concertation pour être sûr que la mesure déployée, elle soit comprise par toutes et tous. Parce que quand vous mettez un sens unique, forcément, quand vous rentrez chez vous, vous mettez un petit peu plus de temps.

Mais parfois, c’est le prix de la tranquillité, l’apaisement d’un quartier. Donc ça fait partie des formules clairement à travailler dans notre ville où on manque d’espace, comme je vous le disais précédemment. J’aimerais qu’on continue à parler des habitants de Périgue avec la jeunesse.

Périgueux a un pôle universitaire, le campus Périgord. On parle de 3000 étudiants qui le fréquentent. Comment faites-vous pour attirer le pôle Périgord ? 

Alors, déjà, quand on est maire, s’occuper de sa jeunesse c’est s’occuper de l’avenir de sa ville. Donc c’est une question fondamentale de se dire qu’est-ce qu’on propose à nos jeunes. Moi, ce que je remarque, c’est que notre ville, elle n’est pas assez connectée avec son campus.

Nous avons 3000 étudiants. Sur 30000 étudiants, ce n’est pas rien. Et pourtant, on n’a pas les étudiants qui vivent en ville, qui vivent dans les associations, les clubs, les espaces culturels.

Et ça, je crois que c’est une vraie feuille de route à tracer, de faire en sorte de reconnecter clairement la ville avec le monde étudiant. Ensuite, attirer, ça va être forcément la liaison avec la région, avec le président Alain Rousset, avec qui j’échange régulièrement, quelles formations on peut offrir, à la fois des formations à distance qui permettent à nos jeunes de pouvoir, à périgueux, suivre des filières telles que les filières médicales, mais il y en a tant d’autres à développer et qui permettent de pouvoir faire en sorte que nos jeunes aient finalement les mêmes chances que les autres de pouvoir avoir un parcours à l’échelon supérieur. Après, ce que je crois aussi sur les jeunes, c’est qu’il faut les embarquer sur des projets.

Nous, on va constituer un conseil municipal jeune et on coûtera chaque année 25 000 euros d’investissement et c’est les jeunes qui décideront ce qu’il faut faire dans la ville au-delà du campus. Il faut leur permettre de voyager. Moi, je créerai un fonds de mobilité qui permette aux jeunes d’aller se former, d’aller travailler à l’étranger, parce que je crois qu’on s’enrichit en s’ouvrant sur les autres.

Et c’est quand même quand on est jeune, on dit que les voyages forment la jeunesse, qu’on peut découvrir, apprendre. Après, mon intention, c’est qu’ils reviennent à périgueux avec les savoir-faire, tout ce qui a pu être acquis sur ce type d’expérience, mais il faut que la force publique accompagne la capacité de nos jeunes à aller voir ailleurs. Ça, je crois que c’est aussi un des enjeux, en tout cas, c’est un des enjeux qu’on formule dans notre programme municipal.

Vous répondez déjà un peu à ma deuxième question, mais au-delà des études, quand on est jeune, à Périgueux, qu’est-ce qui vous manque le plus selon vous ? Peut-être l’offre culturelle, l’emploi qualifié, et quelle serait votre priorité numéro un à ce sujet ? Ce que vous dites, c’est assez évident. Un jeune, il cherche un emploi. Nous, ce qu’on a fait dans le mandat, c’est qu’on a créé un lieu aussi, une maison de la jeunesse.

Il n’y en avait pas. Les jeunes ont leur lieu, et d’ailleurs, c’est même les jeunes eux-mêmes qui ont aménagé les espaces, créé d’ailleurs, peut-être ça fera concurrence à Happy Radio, un espace radio, un espace de jeu connecté. Je crois aussi que les jeunes, moi, je n’ai pas envie de parler à leur place.

Je considère que ce sont les jeunes qui doivent aussi porter les projets. Après, en matière culturelle, on a des équipements. Je pense notamment à l’Odyssée, mais peut-être le sans réserve qui va rouvrir la semaine prochaine, ça y est, les travaux de rénovation ont été finis.

Il y a une salle de musique actuelle, et puis on a des espaces sportifs, un grand parc des sports et des loisirs, de nombreux gymnases. La vie sportive, culturelle, est quand même intense sur la ville de Périgueux. Il faut surtout que les jeunes trouvent leur place et puis créent des projets, parce que quand on est jeune, on a plein d’idées.

Le tout, c’est qu’on ait aussi les acteurs publics qui accompagnent et qui permettent que ces idées se transforment en réalité. Sans transition, j’aimerais parler de la santé. La santé, c’est un gros sujet partout, et Périgueux n’échappe pas aux tensions sur les rendez-vous, les médecins.

Quelle est votre méthode pour inciter, coordonner, créer des structures ? Alors, la santé, vous avez raison, c’est un enjeu. Après, ce qu’il faut savoir, c’est que c’est normalement pas du tout une compétence de la ville de s’en préoccuper. Sauf qu’on voit bien que si on ne fait rien, on a des médecins qui sont âgés, qui vont prendre leur retraite, et Périgueux va être en difficulté dans les années qui arrivent.

C’est pour ça que moi, je propose qu’on crée une maison de santé municipale. Alors, on a déjà acheté le bâtiment, on a déjà le lieu, là, on est en train de travailler, et ça va être les mois qui vont nous occuper sur le cahier des charges. Quel professionnel on souhaite accueillir ? On voit qu’il y a des spécialités qui nous manquent, notamment la pédiatrie, la partie psychiatrie, mais même, il nous manque des gynécologues, il nous manque des ophtalmologues, il nous manque un certain nombre de médecins.

Donc, pour les attirer, c’est assez simple, dans ce bâtiment, on va travailler à un partage aussi administratif, et de faire en sorte d’être attractif notamment sur les loyers, avoir des loyers modérés qui permettent de faire venir des jeunes, parce qu’en général, les jeunes médecins n’achètent pas tout de suite leur cabine médicale, ils préfèrent louer, se faire une patientèle. Donc, créer, on va dire, le bon écosystème pour cette entrée dans le métier sur la ville de Périgueux, et faire en sorte, après, de les fidéliser pour qu’ils n’aient pas envie d’aller trop loin, et qu’ils restent dans Périgueux, ou dans l’agglomération, pour, on va dire, densifier l’offre médicale qui nous manque. Et là-dessus, je crois qu’il faut être proactif.

Le coût de cette maison de santé, c’est 2 millions d’euros pour la ville, qui est absorbé par les loyers sur plusieurs années. Donc, ce n’est pas une structure qui coûtera cher à la ville, elle sera compensée par les loyers, mais surtout, elle permettra d’attirer de nouveaux médecins. Merci beaucoup d’avoir été avec nous, Emeric Lavitola.

Je suis désolé, je suis obligé d’arrêter, parce qu’on est à plus de 15 minutes. Merci d’avoir répondu à nos questions. On le rappelle, candidat au municipal, vous êtes candidat au municipal de Périgueux, et cette interview est à retrouver en podcast sur apiradio.fr, et on va pouvoir vous retrouver, normalement, dès la semaine prochaine sur les ondes d’Happyradio.

Merci beaucoup. Merci encore.

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