
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Happy Radio. Dans le cadre de nos interviews Municipal 2026, on reçoit aujourd’hui Basile Fanier, candidat à Sarlat.
L’idée est simple, la même grille pour tous les candidats, thème par thème, avec du concret, ce qui marche, ce qui ne marche pas et ce que vous changez dès la première année. Bonjour Basile Fanier. Bonjour à tous.
Vous mettez très haut soutenir notre hôpital et même permettre à nouveau les accouchements à la maternité. Concrètement, en tant que maire, qu’est-ce que vous pouvez faire réellement et avec qui travaillez-vous travaillez ? Et quelles actions dès les premières années ? Aujourd’hui, le maire est président du conseil de surveillance de l’hôpital. Il ne détient pas tous les leviers, mais son engagement peut véritablement faire bouger les lignes.
Ce que l’on propose avec mon équipe, c’est de mettre en place dès le début du mandat un pacte pour l’hôpital public de Sarlat qui réunira l’ensemble des acteurs de la santé, c’est-à-dire l’ARS, le groupe hospitalier de territoire, les élus, les soignants, les usagers. Avec une méthode simple, on définit les objectifs, un calendrier et les points d’état public. Dans ce pacte pour l’hôpital, on a défini plusieurs grandes priorités.
Pour nous, le drame absolu, la priorité des priorités, c’est de retrouver des naissances à la mairie de Sarlat. Depuis juillet 2024, il n’y a plus aucun accouchement qui n’a lieu à Sarlat parce que l’équipe n’est pas complète et donc dorénavant, les accouchements se font à Bergerac, à Périgueux, à Brive ou à Cahors. On a aujourd’hui ce qu’on appelle le dispositif COALA avec des personnes d’un dévouement incroyable mais les naissances ne se font plus.
Et donc, il faut à la fois recruter des professionnels de santé, pour ça, il y a différents leviers, il faut nouer des liens avec les universités, faire appel à des cabinets de recrutement et ensuite, il faut convaincre l’agence régionale de santé de rouvrir administrativement le plateau technique qui a fermé et nous considérons que c’est la priorité pour notre hôpital. Dans ce pacte de santé, nous avons aussi un volet qui consiste à attirer des professionnels de santé. Sarlat doit mettre en place une politique puissante d’attractivité de son territoire.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, par exemple, mettre à disposition des locaux. Et puis, nous n’oublions pas également les professionnels de santé qui sont déjà sur le territoire. Nous voulons qu’ils restent.
Nous voulons leur dire notre reconnaissance et donc, demain, nous mettrons en place une cellule municipale qui sera dédiée à ces professionnels. On sera là très concrètement pour les aider à rechercher un logement pour l’emploi du conjoint et nous avons aussi la conviction que Sarlat doit développer une crèche hospitalière. Donc, ce n’est pas du ressort direct de la mairie, c’est plutôt des choses qui relèvent de la CAF et de l’ARS, mais nous pensons que la mairie peut et doit impulser.
Vous avez répondu à ma deuxième question, c’était sur les médecins de ville. Pour vous, c’est une priorité de ce que j’ai compris ? En vérité, il faut avoir une action 360 sur la santé, c’est-à-dire qu’il faut à la fois avoir une politique d’attractivité à l’égard de l’ensemble des professionnels de santé et après, il y a un deuxième sujet qui est de créer une coordination entre l’hôpital et la ville. Il y a un grand travail à faire sur l’image de cet hôpital parce que cet hôpital, c’est un outil précieux, c’est un outil qui s’est affaibli ces dernières années parce que le centre de commandement, malheureusement, c’est périgueux, il y a beaucoup de décisions qui sont éloignées du terrain, mais cet hôpital, il faut à la fois le développer à nouveau, le rendre plus puissant, obtenir des pouvoirs publics qui acceptent de remettre de véritables moyens sur cet hôpital, de lui donner l’ambition et puis il y a un travail à faire avec l’hôpital sur la communication.
Cet hôpital propose un certain nombre de services, nous devons le faire savoir. Je vous parlais tout à l’heure de la maternité, aujourd’hui, la maternité, elle ne fait plus une naissance, mais il y a toujours ce qu’on appelle le dispositif Koala qui accueille les futures mamans qui sont suivies pendant la grossesse et qui sont accompagnées après la naissance. Donc, il y a besoin de faire aussi de la communication sur l’offre de soins qui existe sur le territoire.
Il y a un autre volet important dont je n’ai pas encore eu le temps de vous parler, c’est que nous voulons agir sur la jeunesse sarladaise. Pour nous, il y a un autre enjeu important, c’est celui de préparer les soignants de demain. Un territoire qui forme ces jeunes donne plus de chances de les voir revenir.
Et donc, à ce sujet, nous proposons trois choses très concrètes. La première, c’est de nouer des partenariats durables avec les universités du sud-ouest pour faire de Sarlat un lieu de stage pour les internes. La deuxième proposition, c’est que nous proposerons au lycée une option santé pour donner envie à des jeunes du Sarladais de s’engager dans ces métiers.
Et troisièmement, nous mettrons en place ce que l’on appelle un contrat d’engagement, c’est-à-dire qu’on finance les études des jeunes et ensuite, ils reviennent exercer chez nous. Très bien, j’aimerais qu’on passe à la sécurité et la tranquillité dans Sarlat dorénavant. Quand vous dites renforcer la sécurité du quotidien à Sarlat, votre diagnostic, c’est quoi ? Vous voyez des incivilités, du tapage, des dégradations, du stup, la circulation.
Quelles sont vos deux priorités par rapport à ça ? Sarlat est une ville calme et elle doit le rester. On observe depuis quelques années que la délinquance progresse. Il y a différents types de délinquance, il y a des trafics de drogue qui sont de plus en plus nombreux.
Il y a, mais j’ai envie de dire que c’est une évolution nationale, mais qu’on subit également à Sarlat de plus en plus de violences intrafamiliales et depuis quelques années, on observe aussi une multiplication des agressions gratuites. Et aujourd’hui à Sarlat, en particulier dans le centre-ville, mais pas que, vous avez un certain nombre de commerces qui ont dû adapter les horaires, qui ont dû parfois recruter des agents de sécurité, voire qui ont pris la décision de ne plus ouvrir le soir parce que la délinquance se développe. Et donc, nous devons agir très concrètement.
D’abord, la sécurité, c’est en premier lieu la mission de l’État. Nous avons une gendarmerie avec des professionnels d’un dévouement incroyable. Nous devons les soutenir, nous devons demander des renforts parce que Sarlat n’a pas suffisamment de gendarmes compte tenu de sa population et compte tenu des nouveaux enjeux de sécurité.
Et puis, nous défendons depuis plusieurs années et nous voyons d’ailleurs que les autres candidats reprennent dorénavant cette idée que la police municipale doit être plus nombreuse et qu’elle doit travailler les soirs et les week-ends. Donc, vous mettez le curseur un peu plus sur la présence sur le terrain, avec de la prévention. Est-ce que vous parlez aussi de caméras ? On a beaucoup ça, notre studio est à Bergerac.
Est-ce que vous voulez miser là-dessus ? Alors aujourd’hui, il y a déjà des caméras à Sarlat. Il faut les développer en lien avec la gendarmerie qui est la plus à même de nous dire à quel endroit c’est utile d’avoir des caméras. Et surtout, et aujourd’hui c’est un problème, il faut que ces caméras soient entretenues.
Et aujourd’hui, ce qui nous remonte, c’est que régulièrement, il y a des caméras qui sont défaillantes et qui ne permettent pas de visionner des images qui pourraient être utiles pour résoudre des enquêtes. Donc pour vous, il serait important d’investir dans un nouveau matériel par exemple ? Il faut effectivement toujours investir dans du nouveau matériel. Il faut toujours être à l’écoute de l’évolution de sa commune.
Mais le plus important pour nous, c’est le facteur humain. Il faut une police municipale qui soit plus nombreuse. Cette police, elle doit être une police de proximité, c’est-à-dire qu’elle doit être proche des habitants, proche des commerçants.
Elle doit faire de la prévention, mais elle doit surtout avoir une véritable action en matière de sécurité publique. Toujours dans la ville de Sarlat, j’aimerais qu’on parle du logement, de la résidence. Beaucoup de gens nous disent, Sarlat c’est beau, mais l’hiver c’est vide.
Il y a un lien direct avec le logement, les résidences secondaires et les locations saisonnières. Vous faites quoi pour remettre du logement à l’année et garder quand même des habitants ? Sarlat a perdu plus de 1000 habitants en 20 ans. Donc c’est une véritable catastrophe.
Et donc nous devons avoir une action forte pour faire vivre Sarlat toute l’année. Cette action forte, elle passe par des sujets dont on a déjà parlé, c’est-à-dire une offre de soins puissantes, une offre d’emplois pérennes en nombre suffisant, notamment dans le domaine industriel. Et ça passe évidemment également par une politique forte en matière de logement.
Alors à ce sujet, on propose plusieurs choses. D’abord, nous voulons créer une société foncière qui aura pour mission d’acquérir des immeubles en centre-ville, de les réhabiliter et de les proposer à la location à l’année ou à la vente. Ensuite, à Sarlat, il y a un vrai défi, c’est celui du logement vacant.
D’abord, la ville a un certain nombre d’immeubles qu’elle n’utilise pas. La ville doit commencer par montrer l’exemple et elle doit demain engager la transformation de son propre patrimoine pour créer des logements à l’année. Ensuite, nous créerons une brigade municipale du logement.
Elle sera chargée d’identifier les biens durablement vacants et d’accompagner les propriétaires pour lever les freins à leur mise en location. Et il y a un autre sujet aussi qui est très important, c’est qu’il y a aujourd’hui beaucoup de propriétaires qui ont peur de louer un logement à l’année. Et pourquoi ? Parce que vous avez parfois des dégradations des impayés et donc nous disons que nous serons évidemment intransigeants à l’égard des marchands de sommeil.
Mais notre soutien ira et sera plein et entier aux propriétaires qui proposent des logements dignes. Pour cela, nous mettrons en place un guichet municipal qui sera chargé d’activer les garanties de loyer et d’accompagner les propriétaires à chaque étape. Et puis, nous assumons que demain, nous soutiendrons auprès des services de l’État les propriétaires honnêtes pour accélérer l’exécution des décisions de justice.
Très bien, j’aimerais, alors vous avez déjà changé de sujet, même si on est toujours dans le même lien, on parle toujours de tourisme et de jours d’hiver, comment on crée de la vie hors saison ? Parce que Sarlat, ça vit fort l’été, on le disait, mais l’hiver, c’est un autre monde. Qu’est-ce que vous lancez pour ramener des gens hors saison ? Parce qu’il y a les événements, la culture, le sport, il y a des marchés, des offres week-end, et surtout, avec quel calendrier donc vous allez mettre tout ça ? J’en reviens aux fondamentaux, pour qu’une ville vive toute l’année, il faut une offre de santé puissante, il faut des logements à l’année, il faut de l’emploi à l’année. Et il faut aussi dire qu’à Sarlat, on a une petite spécificité, c’est que nous avons le taux communal de taxes foncières qui est l’un des plus élevés du département.
Et donc l’un des enjeux aussi, ce sera de réduire la pression fiscale. Parce que si nous avons perdu plus de 1000 habitants en 20 ans, c’est aussi parce que cette pression fiscale est insupportable. Alors il faut évidemment agir sur ce que j’appelle les priorités de l’action municipale que je viens de vous citer, et ensuite Sarlat doit assumer d’avoir une action puissante en matière de culture, en matière de sport.
Nous avons besoin à Sarlat d’une piscine couverte. Cette piscine couverte, elle est promise depuis des décennies, personne en responsabilité aujourd’hui n’a avancé sur ce dossier. Alors nous pensons que ces investissements, ils sont utiles pour redonner de l’attractivité à l’année à notre commune.
Donc pour vous, il faudrait que ce soit durable, cette taxe, il faudrait donc la baisser durablement sur toutes les années à venir ? Alors ça prendra évidemment du temps parce que Sarlat a un passif financier qui est assez lourd, une date de plus de 15 millions d’euros pour la commune, de près de 18 millions d’euros pour la communauté de commune, avec des charges de fonctionnement qui sont très lourdes, mais évidemment il faudra année après année arriver à réduire cette pression fiscale. C’est la condition, c’est l’une des conditions importantes pour que des habitants aient envie de revenir. Et puis j’ajoute que le tourisme est très important, nous devons le développer, le tourisme est un des éléments de l’ADN de Sarlat, mais il ne faut pas oublier qu’un maire doit d’abord s’occuper des habitants de sa commune.
Et c’est la raison pour laquelle, si nous sommes élus avec mon équipe, nous offrirons aux Sarladais de véritables avantages. Nous défendons une proposition depuis plusieurs années qu’on a appelée la création du Pass Sarladais. Chaque Sarladais pourra bénéficier gratuitement d’une carte et cette carte donnera aux habitants de notre commune un certain nombre d’avantages.
Ce sera à la fois une carte de stationnement résident et puis elle leur permettra d’avoir un accès à des tarifs modérés dans les équipements culturels et sportifs de la commune. C’est parfait pour ma transition pour le dernier thème, la mobilité du quotidien et le cadre de vie. Sur les mobilités du quotidien, la circulation, le stationnement, quels sont vos deux changements prioritaires pour que ce soit plus simple, autant pour les habitants que pour les gens qui viennent en tourisme ? Alors, Sarlat, il y a un gros sujet sur le stationnement, nous devons augmenter l’offre de stationnement au centre-ville et en même temps qu’on augmente cette offre de stationnement, on met en place une carte de stationnement résident pour tous les habitants de notre commune.
Ça, c’est un volet important, c’est-à-dire le stationnement et l’accès privilégié, en tout cas tarif privilégié pour les Sarladais. Ensuite, nous voulons faire de Sarlat une référence en matière de vélo et Sarlat doit développer davantage de pistes cyclables sécurisées. Et puis, il y a un autre aspect important de notre projet, il y a beaucoup de personnes qui sont isolées.
Il y a aujourd’hui un service qui s’appelle le Sarlabus, c’est une bonne chose mais nous voulons le repenser. Aujourd’hui, le Sarlabus fonctionne via un marché public, nous voulons reprendre ce service en régie, c’est-à-dire que demain, on le gérera directement pour être plus réactif et mieux répondre aux besoins de la population. Ça veut dire que demain, quand le Sarlabus sera repris en régie, nous aurons des trajets et des horaires qui seront directement construits avec les habitants.
Nous pourrons mieux prendre en compte les événements de la ville et surtout, il y aura plus de souplesse, ce service offrira plus de souplesse puisque nous voulons mettre en place des détours à la demande, notamment pour les personnes âgées ou en situation de handicap. Vous parlez de pistes cyclables, en général, pour en faire de nouvelles, on passe par des travaux. Est-ce que vous avez prévu d’en faire dans la ville, en dehors de la ville ? Comment vous gérer ça ? Alors, en matière de pistes cyclables, il faut un plan global de mobilité.
L’idée, c’est de relier les quartiers entre eux, de relier les écoles et le centre-ville. Chaque aménagement devra être sécurisé et lisible, c’est-à-dire qu’il faut autant que possible des vraies pistes cyclables séparées quand c’est possible, il faut une signalisation claire et il faut traiter les points noirs. À ça, là, il y a un certain nombre de carrefours, d’entrées de villes, d’accès aux établissements scolaires qui sont tout simplement impossibles.
Et donc, pour être le plus efficace possible, ce nouveau trajet, ce plan de mobilité, il faudra le construire avec les professionnels et les usagers parce qu’il doit être défini avec les cyclistes, avec les commerces, avec les professionnels du vélo pour créer un réseau qui sert vraiment au quotidien. Donc ça, ça passe par une réunion avec les citoyens, j’imagine, obligatoirement. Ça passe par de la concertation, mais j’ai envie de dire que chacune de nos actions devra se faire en lien avec les acteurs de ce domaine, c’est-à-dire que la santé se fera avec les professionnels de santé, notre politique économique se fera avec les acteurs de la formation et les acteurs du développement économique.
Je crois que c’est important de remettre de la démocratie, de remettre du lien dans les projets aussi que nous portons, nous considérant qu’à chaque fois que Sarlat engage son budget de façon significative, elle doit recourir au référendum municipal. Et nous voulons mettre en place une nouvelle gouvernance qui soit plus proche des habitants, plus à l’écoute, et cela, bien sûr, tout au long de l’année. Merci beaucoup, Basile Fanier, d’être venu répondre à cette grille thème par thème.
On rappelle que ces interviews municipales continuent sur happyradio.fr, sur la rubrique podcast, pour que chacun puisse se faire une idée simplement sur le concret. Merci encore, monsieur Basile Fanier. Merci à vous tous.






