Le maire d’Augignac (Dordogne), Bernard Bazinet, est au cœur d’une controverse nationale après la publication d’un message à caractère antisémite sur Facebook. L’élu, ancien maire socialiste d’une commune de quelque 800 habitants, est désormais menacé de suspension temporaire ou de révocation de son mandat.
C’est le ministère de l’Intérieur qui a pris l’initiative d’une procédure disciplinaire à l’encontre de M. Bazinet, après qu’il eut commenté avec une formule jugée offensante une publication d’un média national. Dans ce message devenu viral, l’élu a utilisé une expression à caractère injurieux en réaction à un article sur la participation d’Israël à un concours international.
Selon des sources proches du dossier, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que ces propos compromettent gravement l’autorité morale attendue d’un élu républicain. Il a demandé à la préfète de Dordogne de le convoquer pour l’entendre sur les faits reprochés.
Dans le cadre de la procédure, la loi permet à l’autorité administrative de suspendre un maire jusqu’à un mois de ses fonctions, le temps de l’instruction du dossier. Une révocation, si elle était retenue, entraînerait de plein droit une inéligibilité d’un an, empêchant M. Bazinet de se représenter lors des élections municipales prévues en mars 2026.
La décision de sanctions contre un maire pour un message sur les réseaux sociaux est rare sous la Ve République. Selon Libération, seules quelques rares révocations de maires ont été prononcées dans l’histoire récente, illustrant la gravité de la démarche engagée contre l’élu d’Augignac.
Parallèlement à la procédure administrative, une enquête judiciaire pour injure publique à caractère raciste ou antisémite avait été ouverte par le parquet de Périgueux après des signalements. Cette enquête a donné lieu à une mesure alternative aux poursuites, procédure qui peut entraîner des sanctions sans passer par un procès classique – une décision qui a suscité des réactions critiques d’associations anti-racistes.
Ce dossier intervient dans un contexte plus large de débat en France sur la lutte contre l’antisémitisme, une infraction pénale sévèrement réprimée par le code pénal. Ces dernières années, les autorités ont multiplié les actions judiciaires et administratives pour répondre à des propos ou actes antisémites, estimant que leur propagation constitue une menace pour la cohésion nationale.





